En choisissant de rejoindre la Communauté du Val d’Oust et de Lanvaux, les élus de Pleucadeuc ont suivi les habitudes et les modes de vie des habitants de leur commune : la petite ville de Malestroit est le point central de leur bassin de vie, En effet, le commerce, les services publics, les services de santé qui les concernent sont regroupés dans ce chef-lieu de canton. Tout récemment, d’ailleurs, la commune s’est associée à Malestroit pour l’école publique. Les habitants auraient difficilement compris un autre choix.
On a vu dans d’autres secteurs, et même dans le Morbihan, des communes se regrouper en communautés sans tenir compte du bassin de vie, ou pire encore, en fabriquant de toutes pièces des structures intercommunales sans rapport avec la réalité quotidienne. Ce n’est pas le cas ici.
Pourtant, des habitudes de coopération unissaient la commune de Pleucadeuc avec les communes du SIVOM et donc de la Communauté du pays de Questembert. Mais il faut savoir que les syndicats intercommunaux de voirie ont été construits sous la tutelle de l’Etat, bien avant la décentralisation, sur le modèle d’organisation des services des Ponts et Chaussées, calqué sur les découpages cantonaux. C’est ainsi que Pleucadeuc, et aussi St-Congard, Saint-Laurent-sur-Ous,t ont été intégrés au syndicat des cantons de Questembert et Rochefort-en-Terre. St-Laurent, puis St-Congard, du canton de Rochefort-en-Terre avaient déjà choisi la Communauté de Malestroit, comme aujourd’hui Pleucadeuc. On voit que les périmètres des cantons n’ont pas grand chose à voir avec la vie des gens qui y habitent... et qui votent aux élections cantonales.
Du côté de la communauté de communes, les sentiments sont partagés après la décision de Pleucadeuc. Le travail en commun mené à travers le SIVOM aurait pu se continuer à la satisfaction de tous. Cependant, certains faisaient remarquer que le dynamisme économique de Pleucadeuc pourrait se retrouver fragilisé si la crise agroalimentaire s’aggravait encore. Malgré ce risque, la communauté était prête à accueillir la commune de Pleucadeuc en son sein.
Si la majorité des conseillers en a décidé autrement, les arguments en faveur d’une adhésion à la communauté de Questembert n’étaient pas sans force. D’abord, le dynamisme global du Pays de Vannes fait sentir son influence jusque dans la troisième couronne. Plusieurs élus ont été sensibles aux méthodes de travail, à la force du collectif, à l’ambiance qui règne dans le conseil de la communauté du pays de Questembert. Et ils se voyaient bien intégrer la démarche d’élaboration du projet de territoire en particulier, démarche riche d’une participation très large des élus et des habitants.
La décision de Pleucadeuc est prise, reste maintenant à en tirer les conséquences pour la dissolution du SIVOM. La réflexion avait commencé avec l’appui des services du Trésor public : une fois faits les comptes des biens et des dettes, la commune de Pleucadeuc devra verser une indemnité de sortie, dont le montant sera à négocier. En cas de désaccord irréductible, le préfet serait amené à trancher, mais on n’ira pas jusque là.